16 juillet 2018 Ivan Sarto

Djokovic relance le suspense

Novak Djokovic

Le Serbe Novak Djokovic embrasse le trophée de Wimbledon, le 15 juillet 2018 © AFP – Sabrina Blanchard

Par Ludovic Luppino

Roger Federer et Rafael Nadal ne sont plus seuls. Le retour au premier plan de Novak Djokovic, lauréat dimanche d’un quatrième trophée à Wimbledon, a relancé le suspense en vue de l’US Open (27 août – 9 septembre).

En 2017, Federer et Nadal s’étaient partagés les quatre « Majors »: l’Open d’Australie et Wimbledon pour le maestro suisse, Roland-Garros et l’US Open pour le champion incontesté de la terre battue. A New York, ils seront trois sur la grille de départ à détenir une couronne majeure, Federer ayant conservé son titre à Melbourne en janvier et Nadal soulevé pour la onzième fois la Coupe des Mousquetaires à Paris le mois dernier.

Forcément, l’US Open prendra des allures de « finale » pour déterminer lequel des trois aura été le meilleur de l’année dans les épreuves qui comptent le plus. « L’US Open a toujours été un tournoi qui m’a réussi (NDLR: deux titres et cinq autres finales). L’an dernier, je n’ai pas pu y participer à cause de ma blessure (coude droit). J’ai hâte d’y retourner, d’y faire de mon mieux et on verra jusqu’où cela va me porter », a affirmé Djokovic au All England Club.

Sous les yeux de son épouse Jelena, de son fils Stefan, trois ans et demi, et de son entraîneur, le Slovaque Marian Vajda, qu’il a rappelé en avril après une pause d’un an, le Serbe de 31 a surtout savouré son premier titre en Grand Chelem depuis plus juin 2016.

C’est le treizième au total, ce qui le place à une longueur de l’Américain Pete Sampras (14), le troisième dans la hiérarchie derrière Nadal (17) et Federer (20).

La chasse à la place de N.1 relancée aussi

Le Suisse, renversé en quarts de finale par Kevin Anderson malgré une balle de match, peut d’une certaine manière remercier le Serbe d’avoir battu Nadal lors d’une demi-finale mémorable puis d’avoir maté le géant sud-africain dans l’épilogue londonien.

Sans ça, Nadal aurait peut-être décroché son troisième trophée à Londres (après 2008 et 2010) et réduit pour la première fois le gap le séparant de son éternel rival helvète en Grand Chelem à deux unités. Le retour de Djokovic à son meilleur niveau a aussi relancé la bataille pour la première place mondiale. Rappelons qu’il a terminé l’année sur le trône à quatre reprises, en 2011, 2012, 2014 et 2015.

Avec les 2000 points de Wimbledon, le Serbe a fait un bond de la 15e à la 5e place à la « Race » (3.355 pts au total). Le quatuor de tête n’a pas changé avec en tête Nadal (5.760 pts), suivi de Federer (4.020), de l’Allemand Alexander Zverev (3.585) et de l’Argentin Juan Martin Del Potro (3.380). Le « grand Sascha » (1,98 m, 21 ans), éliminé dès le troisième tour, par le Letton Ernests Gulbis, a confirmé une fois de plus qu’il était encore trop tendre en Grand Chelem.

Ne pas oublier Del Potro

A bientôt 30 ans (le 23 septembre), le grand « DelPo » (1,98 m) est lui, bel et bien, de retour à son meilleur niveau. Le somptueux bras de fer en cinq sets qu’il a imposé à Nadal sur le Centre court, en quarts de finale de finale, l’a prouvé. L’outsider argentin a-t-il les moyens de troubler l’ordre établi à New York où le « Big Four » sera très probablement reconstitué avec le retour d’Andy Murray, forfait à Wimbledon? N’oublions pas que le dur américain est la meilleure surface de Del Potro. C’est là qu’il a conquis son unique trophée majeur, lors de l’US Open 2009 et son premier Masters, en mars à Indian Wells, en dominant à chaque fois Federer en finale.

Chez les dames, la dernière levée majeure de la saison ne manquera pas d’intérêt non plus. Battue en finale de Wimbledon par Angelique Kerber, Serena Williams repartira à l’assaut de ce 24e titre majeur qui lui manque pour égaler le record absolu de Margaret Court. L’Allemande tentera elle de reconquérir le trophée qu’elle avait gagné en 2016, et de redevenir N.1 mondiale.