21 septembre 2018 Ivan Sarto

Avec Lizarazu, un vent du pays basque souffle à Monaco

Bixente Lizarazu

L’ancien champion du monde 1998 est membre du jury des Sportel Awards 2018 à Monaco

Formé dans son Pays basque natal, le jeune Lizarazu se met rapidement au sport en pratiquant le ski avec ses parents et son frère, la pelote basque, le surf, le rugby à quinze et le football, en signant une licence au sein du club des Églantins de Hendaye. Il intègre les Girondins de Bordeaux où il débute en professionnel. Il joue huit saisons au club avec qui il termine vice-champion de France 1990, champion de D2 1992, puis finaliste de la Coupe UEFA 1996. Sous le maillot au scapulaire, il est élu plusieurs fois meilleur arrière gauche du championnat de France. Après la finale européenne, il rejoint le club basque de l’Athletic Bilbao où, souffrant d’une blessure, il joue peu et décide de ne rester qu’une saison. Il rejoint le Bayern de Munich où il dispute le titre de champion d’Allemagne ainsi que la Ligue des champions chaque année. Après un triplé Bundesliga entre 1999 et 2001, il remporte aussi la C1 cette dernière année. Finaliste de la Supercoupe de l’UEFA, il remporte la Coupe Intercontinentale à la fin de l’année. En 2004, il souhaite revenir en France mais ses six mois à l’Olympique de Marseille sont un échec et il décide de revenir à Munich. Pour ses deux dernières saisons, il réalise deux doublés coupe-championnat d’Allemagne. Au total, il remporte six Bundesliga, cinq coupes d’Allemagne et autant de coupes de la Ligue. Pendant ses années au Bayern, il est élu plusieurs fois meilleur arrière gauche de Bundesliga. Durant sa carrière, Lizarazu est considéré comme un des meilleurs joueurs à son poste.

Lizarazu met près de quatre années à s’imposer durablement chez les Bleus. Parfois utilisé comme joker au poste de milieu gauche et barré au poste d’arrière gauche par Eric Di Meco, Lizarazu ne devient titulaire à part entière en équipe de France qu’au cours de l’Euro 1996. Il est associé à Laurent Blanc, Marcel Desailly et Lilan Thuram. Pour sa première grande compétition internationale, il atteint les demi-finales perdues aux tirs aux buts contre la République Tchèque.

En arrivant au Bayern Munich en 1997, toujours gêné par sa pubalgie, Lizarazu voit la visite du sélectionneur depuis 1993, Aimé Jacquet. Bixente raconte: “Je suis passé du fond du trou au sommet du monde en six mois. Il est venu me voir à Munich et il m’a dit : « Fais tout ce qu’il faut en termes de soins, de récupération, d’entraînement, reviens à 100% et tu seras mon arrière gauche”.

Lors de la Coupe du monde 1998, on le voit surtout lors du début de la compétition pour ses incessantes montées côté gauche et sa débauche d’énergie. Buteur et passeur devant l’Arabie saoudite, le Basque s’éteint quelque peu au fil de la compétition, éprouvant certaines difficultés à conserver la même tonicité. Mais sa rage de vaincre est un élément prépondérant du succès français.

Lizarazu devient l’un des piliers de la meilleure défense du monde des années 1998 à 2000. Grâce à sa parfaite entente avec Zinédine Zidane sur le côté gauche, son apport offensif se montre également très précieux. Avec les Bleus, Bixente Lizarazu remporte la Coup)e du monde 98 et le championnat d’Europe des nations 2000. Selon le livre Sciences Sociales Football Club, le nombre de bébés prénommés Bixente (de même que le nombre de bébés prénommés Zinédine et Lillian) a explosé après la Coupe du monde 1998, ce qui illustre l’impact de la victoire de France 98 sur la société française.

Lors de la saison 2001-2002, il devient le deuxième joueur français de l’histoire (après Didier Deschamps) à être tenant des titres mondiaux et européens, aussi bien en club (Champion’s League 2001 et Coupe intercontinentale 2001 avec le Bayern de Munich) qu’en sélection nationale (Coupe du monde 1998 et Euro 2000).

Bixente Lizarazu prend sa retraite internationale à l’issue de l’Euro 2004, à la suite d’une élimination en quart de finale contre la Grèce. Au cours de ce match, Lizarazu se fait surprendre par Theodoros Zagorakis sur son côté gauche. Le joueur grec effectue alors une passe décisive pour Angelos Charisteas, qui inscrit le seul but de la rencontre et élimine l’équipe de France de la compétition. Il connaît donc 97 sélections pour deux buts marqués.

Alors qu’il est encore footballeur professionnel en activité, Etienne Mougeotte, directeur d’antenne de TF1, le sollicite pour qu’il vienne sur la chaîne privée à l’issue de sa carrière. Par la suite, Michel Denisot puis Alexandre Bompard, directeur des sports de Canal+, le sondent également pour entrevoir une reconversion à la télévision. Il épaule désormais Christian Jeanpierre aux commentaires sur TF1 avec parfois Arsène Wenger pour les matchs de l’équipe de France et de la Ligue des champions. Il intervient également régulièrement dans l’émission Téléfoot sur TF1.

En octobre 2013, il produit et réalise le premier épisode de sa série de documentaires Frères de sport, qui se penche sur des activités diverses telles que le surf, le ski ou les arts martiaux vrésiliens. Dans ces documentaires, Bixente Lizarazu part à la rencontre d’un sportif emblématique de son sport, au cœur des lieux qui en font sa légende. En totale immersion, il vit au rythme de ces personnages hors du commun, se plonge dans leur discipline et partage des instants intimes de leur quotidien.

 Passionné de surf, de voile et de plongée sous-marine, Lizarazu est sensibilisé par l’avenir en danger de l’océan. Depuis 1990, il est membre de la Surfrider Foundation pour la protection des littoraux et des océans. Il crée en 2003, à la suite de la marée noire provoquée par le naufrage du pétrolier Prestige, l’association Liza pour une mer en bleu qui œuvre pour la protection de l’environnement et du littoral. À ce titre, il participe chaque année à différentes opérations dont les initiatives océanes (journées d’action pour nettoyer les plages organisée par la Surfrider Foundation) ou l’odyssée du flocon à la vague.

Reconverti au jiu-jitsu brésilien, il devient en 2009 champion d’Europe des vétérans ceintures bleues, niveau 1 poids léger. En 2010, il finit 3e en ceinture violette. Il obtient sa ceinture noire en 2016.

Depuis juillet 2006, Bixente est en couple avec l’actrice Claire Keim avec qui il a eu une fille prénommée Uhaina (« la vague » en basque), née en août 2008. Il est aussi le père d’un garçon prénommé Tximista (« l’éclair » en basque), né en 1995 d’une précédente union.